DIVA-Corridor
10 décembre 2009
Depuis 2007, le projet de Parc est un partenaire du projet DIVA-Corridor, au côté du CNRS, de l'Université de Rennes II, de l'INRA notamment.
Le projet temps de rencontre des partenaires aura lieu le 10 décembre 2009, à Rennes.
Le projet DIVA-Corridor entre dans le cadre de l'identification de la Trame verte et bleue, et de l'identification des continuités biologiques.
La constitution de continuités biologiques est en enjeu de politique publique de gestion de la biodiversité des échelles locales à l'échelle européenne. Les Parcs Naturels Régionaux ont une place particulière dans cet enjeu de par leur fonction, mais les Régions se préoccupent de plus en plus d'assurer des continuités entre des espaces bénéficiant de protections diverses.
Ce projet, présenté par le Caren et la Fédération des parcs naturels régionaux de France a pour objectifs :
1) produire des méthodes de caractérisation des continuités biologiques
2) de tester l'effectivité de ces continuités
3) analyser les procédures juridiques de conception et de mise en place des corridors aux échelles régionales pour dégager de nouvelles pistes d'action.
Le projet a pour objectif d'analyser les corridors aux échelles régionales (région administrative et PNR) et locales (unité paysagère, élément paysager linéaire) pour rendre cohérentes les mesures aux différentes échelles, en utilisant des propriétés émergeantes et en proposant des outils pour l'identification, la gestion et l'évaluation des corridors biologiques. Les corridors aux différentes échelles correspondent à des structures différentes et n'ont pas pour objectif principal de protéger les mêmes espèces. Au niveau régional il s'agit de continuités de structures paysagères similaires, au niveau local et paysage de continuités d'éléments linéaires (haies, bandes enherbées,...). L'identification des corridors sera réalisée grâce à de nouvelles méthodes de télédétection. La gestion des corridors dans l'espace rural sera analysée aux différentes échelles en relation avec les types d'agriculture. L'évaluation se fera grâce à quelques modèles biologiques par la réponse des communautés et des populations. L'ensemble de ces travaux ainsi que l'expérience des partenaires associés au projet apporteront des éléments pour identifier les atouts et les faiblesses du cadre réglementaire.
Ce projet est justifié par l'écart qui existe entre le développement des politiques territorialisées de protection de la biodiversité et les acquis en écologie. Même si l'écologie du paysage, et en particulier, des chercheurs porteurs de ce projet, a mis évidence depuis 20 ans le rôle corridor de certains éléments du paysage tels que les haies, le passage à un concept régional des continuités reste difficile. Les instruments juridiques sont aussi sommaires face aux enjeux.
Du point de vue des processus écologiques en jeu les difficultés sont liées aux changements d'échelles et aux interactions fortes entre les habitats qu'il s'agit de relier, souvent des formations boisées et les systèmes d'utilisation des terres au sein duquel sont ces formations, dont l'agriculture.
Le projet est d'avancer dans quatre domaines :
- mobiliser un ensemble de techniques en télédétection orientée objet pour définir des structures ou des objets paysagiques de l'échelle locale à l'échelle régionale.
- proposer des concepts et des méthodes d'analyse de ces images et cartes pour repérer des continuités écologiques à toutes les échelles. On sait maintenant que, par exemple, à l'échelle locale une haie, quelque soit ses qualités, ne constitue un habitat et un corridor efficace que si l'usage des parcelles adjacentes n'est pas cause de perturbation physique ou chimique.
- tester les continuités définies par la modélisation ; à l'échelle régionale en utilisant la présence ou l'absence de l'écureuil, espèces inféodées aux milieux boisés et à l'échelle locale en analysant l'effet de la connectivité du paysage sur les assemblages d'espèces, en mettant plus particulièrement l'accent sur les carabiques et une espèce de lépidoptère, Maniola jurtina.
- mettre en relation la structure et la qualité des continuités biologiques avec les activités agricoles et les types d'exploitation ; par analyse fine des pratiques et du fonctionnement des exploitations aux échelles locales et en caractérisant l'agriculture par des données statistiques et des enquêtes sur les structures et les aspects politiques pertinents aux échelles régionales.
Du point de vue des instruments juridiques, il s'agit de dépasser les difficultés actuelles liées au fait que les politiques de corridor se référent essentiellement au droit de l'environnement et de la protection de la nature. Pour cela, le projet va au-delà de l'analyse de ces textes et de leurs effets pour aussi prendre en compte l'évolution de la législation sur les baux ruraux ou les appellations d'origine.
Ce travail interdisciplinaire doit déboucher sur :
1- la mise au point de définition de corridors fonctionnels à plusieurs échelles
2- la définition de méthode d'évaluation pour l'aide à la gestion de ces corridors dans les paysages agricoles en fonction des différents types d'agriculture
3- la mise en évidence des blocages réglementaires et la proposition d'instruments juridiques articulés pour une gestion adaptative des continuités écologiques.
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